Dans une précédente chronique nous avons commencé à évoquer les changements qui interviennent dans la carrière des femmes quand elles ont des enfants. Il est temps de nous arrêter sur une modalité d’organisation du travail qui séduit chaque année de nombreuses mères : le temps partiel.
A première vue, ce dernier, quand il est choisi, apparaît comme une bonne solution pour tout « concilier » : en se libérant du temps, souvent le mercredi, la femme a moins le sentiment de sacrifier sa vie personnelle. Elle se préserve des moments pour s’occuper de ses petites têtes blondes. Encore faut-il que ces moments en famille ne soient pas trop parasités par le travail. Dans les organisations très exigeantes vis-à-vis de leurs collaborateurs, il est difficile aux mères de décrocher le jour J. Celles qui ont un portable sont « tentées » de consulter leurs mails. Avec leurs téléphones elles sont joignables tout le temps. Les pièges de la mobilité sont largement connus. Mais ne nous y trompons pas : ces machines ne tendent pas des pièges … ce ne sont que des machines. Non, les éventuels pièges se situent ailleurs : dans ce qui a été mis à plat (ou plutôt ce qui justement n’a pas été mis à plat…) au moment du passage à temps partiel. Bien souvent l’entreprise dit « oui » au temps partiel sans que cette nouvelle organisation ne donne lieu à une explication claire avec le hiérarchique. La rémunération est diminuée au prorata de la réduction du temps de travail, mais la question de la charge de travail (est-elle réduite ? maintenue ? si elle est réduite qui la prend en charge ?...) reste dans le flou. Il faut impérativement l’éclaircir. Le travail à temps partiel n'exclut pas de travailler plus que la durée prévue par le contrat. Les heures "complémentaires" ainsi effectuées peut donner lieu, sous conditions, à une majoration de salaire. Depuis la loi "Tepa" du 21 août 2007, elles peuvent également ouvrir droit, pour le salarié, à une exonération d'impôt sur le revenu.
Nombreuses sont les femmes qui, tellement reconnaissantes vis-à-vis de leur entreprise de leur avoir accordé un temps partiel (alors que bien souvent l’entreprise y était légalement obligée), n’osent pas enclencher la discussion sur ce point. Par la suite, elles s’en mordent les doigts.
Autre point à avoir en tête : du point de vue de la carrière, le temps partiel est rarement neutre. Dans les entreprises où ce sont globalement ceux qui se « donnent » le plus qui sont les mieux « récompensés », les temps partiels n’ont souvent pas bonne presse. Comme si les personnes à temps partiel étaient forcément moins motivées que les autres… Alors il ne s’agit pas de renoncer d’emblée à réduire son temps de travail. Simplement de se préparer à « cravacher » un peu plus pour qu’on pense encore à vous à l’avenir pour les belles missions et les postes intéressants. A moins que vous n’ayez effectivement décidé de lever le pied. Mais cela est une autre histoire.
