Si les femmes sont en moyenne plus diplômées que les hommes, qu’elles sont désormais majoritairement présentes sur le marché du travail, il n’en demeure pas moins qu’elles continuent à percevoir des salaires moins importants. Certes les écarts de salaire entre hommes et femmes se sont réduits depuis la fin des années 1980, mais l’écart demeure et tend à stagner depuis quelques années. Ainsi, à l’échelle européenne, l’écart de la rémunération horaire brute entre les femmes et les hommes est, en 2005, de 15% et en France, actuellement le salaire moyen des femmes est près de 25% inférieur à celui des hommes, et ce, tant dans le secteur privé que public. Les écarts sont d’autant plus importants que l’on se trouve dans l’industrie, les services aux entreprises et les activités financières. De surcroît, une dirigeante de société gagne en moyenne un tiers de moins que son homologue masculin. Comme le note très justement la Commission européenne : « Les qualifications et l’expérience acquises par les femmes sont moins rémunérées que celles des hommes ».
Entre réalité économique et préjugés
L’explication tient à un ensemble de réalités imbriquées les unes aux autres et qui commence sur les bancs de l'école : les filles s’orientent majoritairement encore dans des filières peu rémunératrices; très nombreuses dans les filières sanitaires et sociales de l'enseignement secondaire (94%), on les retrouve à l'université surtout dans les filières littéraires (70%). En revanche, elles sont bien moins nombreuses dans les filières scientifiques : 28% dans les classes préparatoires des grandes écoles et seulement 10% en IUT informatique. De cette orientation découle la concentration des femmes sur le marché du travail sur un nombre de métiers beaucoup plus restreint (10 sur 86) que les hommes, et massivement dans le secteur tertiaire. Ainsi, parmi les salariés de la grande distribution, 84% des personnes travaillant à la caisse sont des femmes, ce qui en fait l'un des rares métiers - comme celui d'infirmières - à être plus souvent employé au féminin qu'au masculin... A noter que c'est dans la catégorie professionnelle « d'agent d’entretien » que l'on retrouve le plus de femmes : elles étaient 798 000 en 2002, soit 74% des salariés. Outre le métier exercé, le niveau des salaires tient également au type d'emploi plus souvent occupé par les femmes. Ainsi, du fait de la maternité et du partage très inégal des tâches domestiques entre les femmes et les hommes (un temps qui va du simple au double au sein des couples), les interruptions de carrière sont plus fréquentes dans les parcours professionnels des femmes et près de 30% d’entre elles travaillent à temps partiel. Par ailleurs, elles sont peu présentes aux plus hauts niveaux hiérarchiques : les femmes représentent 34% des cadres, ne sont que 19% parmi les chefs d’entreprises de plus de 50 salariés et 13 % dans les postes de direction de la fonction publique.
Ce constat, qui prend ses racines sur des préjugés difficiles à faire bouger, explique qu'en moyenne les femmes gagnent 25% de moins que les hommes et représentent 80% des salariés à très bas salaires.Sans oublier bien sûr qu'à poste égal, on retrouve toujours une différence de salaire « inexpliquée » entre les femmes et les hommes aux alentours de 11%.
