Pendant longtemps les femmes n'ont pas travaillé en dehors de chez elles et les hommes trouvaient cela bien commode. Le soir, ils rentraient, tout était prêt. Ils n'avaient pas à se soucier de la bonne marche des affaires domestiques. Pas de frigidaire à remplir. Pas de scolarité des enfants à suivre. Pas de vacances scolaires à organiser... Et puis lentement les choses se sont mises à changer. Les femmes, comme eux, ont fait des études. Les femmes, comme eux, ont voulu faire carrière. Et là dans un premier temps les choses se sont gâtées. Des arbitrages douloureux se sont faits dans le secret des foyers : à qui le tour cette fois-ci ? Qui de Monsieur ou Madame allait pouvoir «grimper» ? Il fallait que le partage soit équitable. Aucun des deux, et surtout plus Madame, ne voulant se sacrifier pour la carrière de l'autre. Cette époque-là, les hommes l'ont trouvée parfois pénible. Egalité des sexes entendaient-ils dire. A ce petit jeu, ils avaient surtout le sentiment d'y perdre.
Et voilà qu'aujourd'hui les choses de nouveau sont en train d'évoluer. Des hommes, petit à petit, découvrent qu'avoir une femme qui travaille et dont le salaire contribue de manière significative au revenu de la famille peut avoir de nombreux avantages. Alors, certes, les arbitrages professionnels au sein des couples restent parfois délicats, mais en ces temps où la promesse de carrière du côté des entreprise s'est faite des plus floues, où les lendemains qui chantent sont de moins en moins crédibles, où les «accidents de carrière» n'épargnent plus personne, être deux rend plus fort ; être deux allège la pression.
Rester dans la posture du principal pourvoyeur de revenus de sa famille, comme les hommes d'antan, devient une situation risquée : difficile de résister à la pression de l'entreprise, à son appétit insatiable. Et quand il s'agit d'un homme lui effectivement est le seul, ou presque, à faire « bouillir la marmite », il n'a guère le choix. La posture du « scout toujours prêt » est celle que l'entreprise attend de lui, et il est bien obligé de s'y tenir, quoi qu'il en pense. Si sa femme, en revanche, gagne elle aussi correctement " sa " vie, l'homme a plus de chance (s'il s'entend bien avec elle bien sûr) de gagner en liberté vis-à-vis de son employeur ; gagner en liberté pour se construire une vie professionnelle qui corresponde davantage à ce qu'il a vraiment envie de faire, sans se sentir pied et poings liés de longues années durant...c'est pourquoi cet homme se retrouvera peut être un jour à se dire : « chic ma femme travaille » !
