Ils sont trentenaires, cadres dans de grands groupes, pères de jeunes enfants et de plus en plus désireux de concilier vie familiale et vie professionnelle. Une tendance encouragée par certaines entreprises, signataires de la charte de la parentalité.
Oser une autre organisation
Lorsque Franck, cadre technique chez PSA dans le domaine de l'électronique et de l'informatique automobile, entend parler de la possibilité de prendre un temps partiel, il n’hésite pas longtemps. « J’en avais assez de courir tous les soirs, de laisser les enfants à l’étude, de ne plus me consacrer à ma passion le chant… ». Depuis septembre 2007, à raison de deux après-midi dans la semaine, ce trentenaire s’occupe donc de ses quatre petites filles. « Je peux aussi modifier ponctuellement cette formule pendant les vacances scolaires, du moment que j’ai l’accord de ma hiérarchie ». Franck avoue même avoir gagné en efficacité pour une demande d’exigence professionnelle équivalente. Mais il reconnaît aussi se trouver dans un environnement très favorable : « mon responsable direct, une femme, travaille déjà à temps partiel. Elle avait même déjà évoqué cette possibilité pour moi. Beaucoup de mes collègues m'ont dit que j'avais raison, que j'allais y gagner en qualité de vie (c'est le but !), un certain nombre m'enviait. »
Constat identique de Bruce Roch, responsable du service Innovation et diversité chez Adecco. Ce jeune papa a été l’un des premiers bénéficiaires du congé de paternité abondé par son entreprise. « J’ai ainsi pu passer plus de temps avec mon épouse, assurer le back-up lorsqu’elle avait envie de souffler, renforcer ma relation avec ma petite fille… Depuis, je m’organise autrement. Je cale des rendez-vous pendant la plage du déjeuner pour pouvoir partir plus tôt le soir. J’assure toujours, mais différemment .»
Faciliter la vie des salariés
Ce souhait de réussir engagement professionnel et vie familiale taraude les deux tiers des 400 pères managers âgés de 30 à 40 ans interrogés par le cabinet Equilibres*. 80% d’entre eux attendent même que les entreprises entreprennent des actions concrètes dans ce sens. C’est déjà bien le cas chez Bain & Company à Paris. Ce cabinet de conseil de 250 personnes - dont 70% d’hommes - abonde le congé de paternité depuis 2006 et favorise les breaks professionnels. Résultats : 100 % des jeunes papas ont déjà profité de la première mesure et 7% de l’effectif est parti en congé sabbatique sur les douze derniers mois.

Liens:
[1] http://www.femmes-emploi.fr/print/156?page=2