« Travailler avec ses mains », c’est une envie qui a taraudé durant longtemps Agnès Fénétrier et Delphine Colin, deux femmes qui n’avaient pas du tout suivi la voie de l’artisanat. Aujourd’hui, elles sont près de 23% de femmes à diriger une entreprise artisanale et le métier se porte plutôt bien. « Notre secteur est relativement épargné, les créations d’entreprises se sont ralenties mais c’est un secteur qui recrute », estime Marge Vandendries de la Chambre des métiers et de l’artisanat des Bouches-du-Rhône. Pour la troisième année, la CMA 13 organise le concours METFEM, destiné à faire évoluer les représentations existantes entre métiers masculins et féminins. Ce dispositif permet entre autres d’accompagner des femmes en création d’entreprise ou de valoriser des entreprises artisanales en favorisant la formation des femmes.
Et les entreprises créées par des femmes sont bien souvent plus pérennes, statistiques et analyse de professionnels à l’appui : « les femmes ont plus de rigueur, elle suivent plus de formations, sont plus attentives peut-être », appuie Marge Vandendries.
De professeure à tapissière
Des formations, Agnès Fénétrier n’a pas pu en suivre mais s’en est très bien sortie. Aujourd’hui lorsqu’une femme souhaite se réorienter vers les métiers de l’artisanat, elle doit suivre une formation comme quiconque souhaite aborder ces métiers (du CAP à la VAE, l’offre est large). Après avoir enseigné durant presque deux ans comme professeure d’arts plastiques, Agnès Fénétrier a très vite envie de donner un nouveau souffle à sa carrière. « Le métier d’enseignante n’était pas fait pour moi, j’avais très envie de travailler avec mes mains : le bois, le tissu. J’ai alors pensé au métier de tapissier en meubles et je suis allée voir un professionnel. » Et là c’est une évidence pour cette jeune mère de famille, elle veut exercer ce métier : « j’ai attendu d’avoir ma dernière fille pour me lancer dans cette aventure. » Elle démissionne donc de son poste et souhaite s’inscrire dans une école mais « je n’étais pas demandeure d’emploi et les frais de scolarité étaient trop élevés ». Alors pour être sûre que le métier est à son goût, Agnès demande au tapissier en meubles de travailler à ses côtés une à deux journées par semaine.

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[1] http://www.femmes-emploi.fr/print/1380?page=2