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Véronique ou le courage d'oser

Véronique Pasquet

Véronique Pasquet est née dans une fratrie de sept enfants, tous élevés à la campagne. Alors forcément, rester assise derrière un tiroir caisse, ça n'était pas fait pour elle, même si elle avait commencé par un CAP de vendeuse : "J'ai longtemps travaillé dans la vente, à la Poste même, dans la distribution de colis". Joyeuse et joviale, c'est avec un large sourire et un brin amusée qu'elle évoque son parcours : "Ca faisait longtemps que j'avais envie de conduire de gros engins, des pelles hydrauliques. Alors, je suis venue me renseigner auprès de Retravailler qui organisait une formation liée à la mixité des métiers quand Pôle emploi m'a fermé la porte au nez." Après un premier stage à la Direction départementale de l'équipement peu encourageant, elle en effectue un second dans une entreprise où le patron lui laisse conduire des engins, creuser des fossés et lui promet de la prendre en stage si elle suit une formation pour devenir conductrice : "Un jour il m'a dit, on voit bien que tu es passionnée, confie-elle ravie; c'est vraiment ma voie, même si ça surprend."

Oser se remettre en question

Aujourd'hui, près de deux ans après sa formation, bardée de permis de conduire, Véronique ne trouve pas d'emploi : "c'est un milieu très machiste, les femmes ne sont pas les bienvenues surtout que pour les hommes c'est très dur actuellement de trouver des chantiers". Mais elle postule à chaque annonce et vient d'envoyer une candidature via Pôle emploi pour participer à la reconstruction d'une autoroute, une réponse qu'elle attend avec impatience et qui lui permettrait d'être sur ce chantier cinq années durant. Comme ses indemnités Pôle emploi arrivent à échéance dans trois mois, Véronique songe à changer une nouvelle fois de métier. "Je vais démarrer une évaluation en milieu de travail dans la jardinerie ." Elle pourra être rémunérée et découvrir un nouvel univers : " j'ai déjà travaillé dans les fleurs mais là je ferai de la plantation et de la vente sur les marchés, pourquoi pas essayer !?", raconte t-elle en riant.

La famille, son premier soutien

Les premiers à l'avoir soutenu sont les membres de sa famille, son mari, son frère réparateur de pelle, et son fils. Véronique ne se laisse pas abattre, le week-end, elle est arbitre nationale de boule lyonnaise."Faut pas se fier à ma taille, je me fais respecter. Les joueurs me craignent". Cette activité lui permet d'arrondir ses fins de mois et elle est très sollicitée par l'équipe pour organiser des mariages et autres fêtes. Elle envisage même de se mettre à son compte pour en faire son activité principale : "mais créer une entreprise me fait peur, il y a beaucoup de charges à payer." Enthousiaste et très motivée pour recouvrer un emploi stable, Véronique a l'appui de sa famille "heureusement que mon mari travaille", reconnait-elle.

Christine Gomez, le 18/02/2009
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