En partenariat avec Le Lab’Ho, l’Observatoire des hommes et des organisations du groupe Adecco

Les femmes au travail sont-elles solidaires ? Les femmes au travail s'épaulent-elles ? Pas sûr. Sans vouloir trop généraliser, ni caricaturer les relations entre femmes au travail, force est de constater que la « lutte des places » (pour reprendre l'expression du sociologue Vincent de Gaulejac) qui règne dans bon nombre d'entreprises n'est guère propice au développement de relations sans arrières pensées entre individus.
Dans le contexte actuel, les hommes et les femmes au travail sont souvent en concurrence les uns avec les autres. Pas tous bien entendu mais le cas de figure se retrouve fréquemment. Or les « règles du jeu » en vigueur dans bon nombre d'entreprises (en gros le présentéisme et la disponibilité restent très valorisés) font que cette concurrence glisse fréquemment sur un terrain qui n'a rien à voir avec le monde professionnel : celui de la famille. Au jeu du plus « motivé », les hommes partent généralement avantagés tant la répartition des rôles et des représentations entre les deux sexes évolue lentement.
Dans l'imaginaire collectif, mais aussi très souvent dans la réalité, c'est aux femmes qu'il revient d'être auprès des enfants. On comprend alors comment une concurrence sournoise peut se mettre en place entre femmes : c'est sur le front des enfants (en avoir ou pas ? être à leurs côtés ou pas ?...) que le débat se déplace. Les femmes avec enfants et ayant décidé de ne pas tout sacrifier à leur vie professionnelle se trouvent souvent en moins bonne position que celles qui se donnent corps et âme à leur entreprise (enfin en moins bonne position à court terme car l'avenir nul ne peut plus en préjuger...). Alors bien sûr il arrive à des femmes de s'épauler, se donner des tuyaux mais il serait illusoire de croire qu'une solidarité féminine se développe entre femmes en entreprises. Faut-il pour autant le regretter ? Ici ou là, des femmes, des hommes, des hommes et des femmes vont tisser de bonnes relations. Ailleurs elles seront mauvaises.
Ce qui est en cause, bien plus que la question du sexe de ces individus ce sont les « règles du jeu » en vigueur dans les organisations qui les emploient. Alors plutôt que de déplorer l'absence de solidarité féminine (qui peut comporter un arrière goût de guerre de sexes), tâchez vite de décoder l'entreprise dans laquelle vous êtes tombés. Vous saurez mieux ensuite sur quel pied danser.
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