En ce matin d'avril, café et chouquettes attendent les participants à la réunion finale du 6ème « Périqual », nom du dispositif pilote mis en place à Bergerac par l'association Retravailler de Dordogne, et qui permet pendant 3 mois à des hommes et des femmes de tenter de se reconvertir dans vers des métiers traditionnellement « réservés » à l'autre sexe. L'ambiance est chaleureuse et l'écoute attentive. Chacun des sept stagiaires de la dernière session expose son parcours devant des représentants de la chambre des métiers, de l'espace économique de la Landes et du Conseil régional de Dordogne, tous contributeurs financiers du projet.
Briser les stéréotypes
Anita est la première à prendre la parole : elle a suivi une formation de mécanicienne auto par le passé, mais n'a jamais pu exercer son métier à l'époque. « A 20 ans j'étais la seule fille de ma classe. Maintenant, c'est différent, j'ai voulu faire de la plomberie. J'ai encore choisi un métier peu "féminin" mais les mentalités ont changé.» Grâce à Périqual qui l'a soutenue dans son choix de diversification professionnelle, elle a pû commencer à faire des stages en plomberie. Maintenant, à elle de trouver la bonne formation et l'employeur pour achever avec succès son parcours. Comme tous les autres stagiaires présents, elle est tenace et dynamique bien qu'ayant dû subir par le passé le poids des stéréotypes encore très présents dans le monde du travail. C'est par le bouche-à-oreille ou l'ANPE que tous ont décidé de frapper à la porte de Retravailler, avec la ferme intention de pouvoir réaliser le métier de leur choix.
Les hommes aussi...
Emmanuel, lui est secouriste volontaire à la Croix-Rouge et vient d'achever un stage de travailleur social dans une maison de retraite : « C'était très enrichissant d'être un homme dans un milieu de femmes. Ça s'est très bien passé, même si j'ai dû faire mes preuves. Le seul souci a été au niveau de la tenue; j'ai du porter un moment un tablier rose ». Sylvie Scheid, directrice de Retravailler opine du chef : « C'est bien la preuve que les hommes ne sont pas prévus dans ce métier.» Tour à tour, Isabelle, future conductrice d'engins de chantier, Sophie, aspirante apicultrice, Karim, apprenti animateur social ou encore Cécile, bientôt électricienne, présentent leur projet : certains vont essayer d'intégrer des formations à l'AFPA, d'autres vont reprendre des études en alternance. Le parcours qui les attend pour arriver au bout de leur ambition sera certainement difficile. « Mais une chose est sûre, leur précise à l'issue de cette ultime réunion Agnès Sussat, leur référente tout au long de ces 9 semaines, votre perception a changé. La parité n'existe pas encore, les stéréotypes ont la vie dure et il y a encore du boulot.» Pour faire évoluer les mentalités, il faudra multiplier des actions aussi exemplaires que Périqual.
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