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Retraite : la plus grande des inégalités

Retraite: la plus grande des inégalités

Les retraites des Françaises sont très inférieures à celles des hommes, et souvent synonymes de minima, d’isolement et d’accentuation des inégalités, reflétant l’état actuel du marché du travail. 

Un état des lieux alarmant

La retraite globale des femmes ne représente que 56% de celle des hommes, soit respectivement 822 et 1455 €. Ce chiffre est d’autant plus alarmant quand on sait que plus du quart de la retraite globale moyenne des femmes provient soit des droits dérivés (réversion, en moyenne 21,3 % de la retraite des femmes), soit des allocations du minimum vieillesse, soit d’autres avantages accessoires (bonification de pension pour enfants par ex.). De plus, près de 4 femmes sur 10 perçoivent moins de 600€ par mois, alors que ce n’est le cas que d’1 homme sur 10, ce qui explique pourquoi 63% des allocataires du minimum vieillesse sont des femmes. C’est en effet lors du décès de leur conjoint qu’elles deviennent particulièrement exposées à la pauvreté. Enfin, les femmes valident plus rarement des carrières complètes, leur permettant de bénéficier de retraites à taux plein. Si 34% des femmes ont validé moins de 25 ans à l’assurance vieillesse, les hommes ne sont que 4% dans ce cas. Un état des lieux alarmant…

Des causes nombreuses

A durée de cotisation égale permettant une retraite à taux plein, l’écart entre les droits directs des hommes et des femmes s’élève encore à 35% , chiffre est le résultant d'un « effet multiplicateur » des inégalités entre les femmes et les hommes durant la vie active. Les obstacles à une carrière complète pour les femmes s’accumulent toujours aujourd’hui : les femmes occupent actuellement 70 % des emplois précaires, et 82 % des emplois à temps partiel. Le taux de chômage des femmes est aussi plus élevé que celui des hommes (respectivement 11,1 et 9% en 2004). Les responsabilités familiales continuent de peser beaucoup plus sur les femmes, et combinées à des mesures (telle l'Allocation Parentale d'Education) incitant les femmes– surtout les moins qualifiées – au retrait du marché du travail, elles aboutissent à des carrières discontinues et plus généralement à un investissement professionnel inférieur à celui des hommes.

Si l’évolution actuelle est à l’augmentation des droits propres des femmes, grâce à leur participation accrue au marché du travail, cette évolution reste insuffisante : selon les simulations de l’INSEE, les retraites des femmes ne rattraperont pas complètement les retraites des hommes, puisque des inégalités persistent en amont ( développement du travail précaire notamment, temps partiel contraint, écart de rémunération). En 2040, les pensions de droit direct des femmes âgées de 65 à 69 ans seront inférieures de 29 % à celles des hommes. Encore un long chemin à parcourir…

Ericka Hegoburu, 18/05/07 d'après "La retraite des femmes en France, sous le signe des inégalités", CLEF
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