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Quand solidarité rime avec création d'entreprise

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En juin 2008, l'entreprise niortaise PVF spécialisée dans la confection et qui employait 60 salariés ferme ses portes. Afin de sauver leur emploi, 16 ex-salariées, la plupart âgées de plus de 50 ans, décident de constituer « Couture Venise Verte » (surnom du marais poitevin) en Société coopérative ouvrière de production (Scop). Pendant 6 mois, le groupe des 16 se bat pour son projet, notamment pour trouver des financements, et début janvier 2009, les machines sont remises en route. "Beaucoup de gens nous ont donné des conseils et aidé dans nos démarches, il y a eu une vraie solidarité" témoigne Véronique Got, chef d'atelier et technico-commerciale. Elles ont tout d'abord bénéficié, dans le cadre de la cellule de reclassement qui avait été mise en place, de formations en gestion ou en mécanique. Ensuite, chacune a investi 2000 euros, un montant doublé grâce à la « Bourse Tremplin Désir d'Entreprendre » du conseil régional Poitou-Charentes, soit une aide totale de 32 000 €. Elles ont également reçu l'aide de la Communauté d'Agglomération de Niort pour le local et les machines et de l'investissement efficace de l'Union régionale des Scop (Urscop). Par ailleurs, elles ont pu accéder à un prêt bancaire de 15 000 euros grâce au FGIF (fonds de garantie à l'initiative des femmes qui permet de ne pas avoir à se porter caution à hauteur de 70% du prêt).

De licenciées à associées

Grâce à cette manière d’entreprendre autrement, chacune d'entre elles est désormais associée de la Scop à égalité et dispose du même pouvoir de décision. "Etre une Scop permet d'être plus démocratique mais ceci n'empêche pas la hiérarchie. Chacune d'entre nous doit savoir rester à sa poste, être honnête et juste et ne pas jouer les petits chefs" analyse Véronique Got. "L'important est d'avoir bien discuté du projet et de l'organisation pendant 6 mois et de nous être concertées en permanence".
Désormais les activités sont recentrées sur la confection moyenne et haut de gamme avec la production de petites séries. "PVF était trop diversifiée, mais nous sommes convaincues qu'il y a de la place avec une structure plus petite". Certains clients ont suivi les salariées dans leur aventure et aujourd’hui ce nombre a doublé. Malgré tout, "l’année 2009 a été difficile et nous avons envisagé la fermeture ; puis les commandes sont reparties en octobre. Il faut encore tenir, nous nous accrochons", expose Véronique Got. Sur les 16 femmes, 7 d’entre elles sont en CDD : "c’est l’Urscop qui nous avait conseillé, dans un premier temps, de ne pas faire de CDI à tout le monde" En février, ces contrats arrivent à échéance et leur reconduction dépendra des commandes…

Se réinsérer par l'emploi

De son côté, Jacqueline Lefrançois a pu ouvrir il y a 6 ans son dépôt-vente de vêtements, « Une souris verte » dans les Hautes Alpes, près de Gap grâce à la Fondation Raoul Follereau. En 2005, elle se retrouve seule avec 5 enfants et sans possibilité de faire appel au crédit bancaire. "J'ai eu un petit prêt de l'ADIE et puis un don de la Fondation Raoul Follereau qui a cru à mon projet. Je leur ai présenté mon étude de marché et ils sont venus me voir à plusieurs reprises. Ils croyaient en moi et ils y croient toujours même si c'est dur" témoigne cette battante. "Ils m'ont donné 4 200 euros pour me lancer et il y a 3 ans, ils m'ont prêté 1500 euros".
Malgré son chiffre d’affaires 2009 en constante progression, Jacqueline ne se verse toujours pas de salaire. « Les charges ont également augmenté et je n’ai pas fini de rembourser mes dettes, j’ai demandé une nouvelle aide à la fondation". "Quel que soit le projet, l’équipe de la Fondation applique toujours du « sur-mesure », explique Georges Persoz, responsable de la résinsertion par l'emploi au sein de la Fondation, tant pour répondre à la situation personnelle de chaque candidat que pour apporter le meilleur conseil en fonction de l’activité. Refusant l’assistanat, elle accompagne humainement, techniquement et financièrement si nécessaire". Avec pour seule entrée d’argent ses allocations familiales, Jacqueline Lefrançois s’accroche…

Gaëlle Picut, maj le 18/01/2010
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