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Les victimes de violences accompagnées jusqu’à l’emploi en Basse-Normandie

Campagne du Ministère de la Justice 2005

Aider une femme victime de violences, ce n'est pas simplement enregistrer sa plainte. C'est aussi être capable de la protéger et de la libérer, notamment par l'emploi. Car « l'autonomie financière aide à acquérir l'autonomie affective, certaines ne partent pas parce qu'elles n'ont pas les moyens, on a d'ailleurs des pics de violences envers celles qui n'ont pas d'activité, explique Véronique Tomas, déléguée régionale aux droits des femmes de Basse-Normandie, mais le retour à l'emploi c'est aussi la fin de l'isolement, une expérience valorisante et une confiance en soi retrouvée ». « C'est essentiel pour sortir de la violence, ajoute Martine Canu, directrice de Retravailler Basse-Normandie, c'est l'accès au logement, à la santé, aux loisirs... Les gendarmes ont très vite identifié cette problématique et souhaitaient pouvoir y répondre ».

Créer des connexions

Précisément, ce sont les gendarmes qui ont demandé à se former et à disposer d'outils efficaces. La délégation régionale aux droits des femmes a donc mis en place avec Retravailler Basse-Normandie et la Gendarmerie de Région une « Mobilisation pour l'accompagnement vers l'emploi des femmes victimes de violences. De la prise en charge d'urgence à l'emploi durable »**. Une mobilisation sur 18 mois, lancée en janvier 2007, et qui vise à améliorer progressivement cette prise en charge et à terme à répertorier tout un réseau opérationnel. 50 gendarmes référents ont ainsi été sensibilisés tandis que 3 gendarmes retraités ont audité les brigades pour définir les besoins mais aussi recenser les professionnels et les faire connaître immédiatement dans les gendarmeries, en attendant que l'outil définitif ne soit réalisé. Un réseau d'interprètes dans 19 langues différentes a ainsi été identifié. « Tout existe sur le territoire, note Martine Canu, mais ce sont des mondes hermétiques, il faut créer des connexions, les gendarmes sont à 25 000 kilomètres de l'Anpe par exemple ! »

Un partenariat avec Retravailler, l'Anpe et l'Assedic

Ils apprennent donc à orienter les victimes vers l'Anpe qui pourra éventuellement à son tour les réorienter vers un organisme de formation, d'autant mieux que chaque victime reçue par l'agence arrive désormais avec une fiche navette montrant l'urgence de sa situation. L'Assedic s'est pour sa part engagée à communiquer en interne pour que le personnel connaisse parfaitement la spécificité d'une telle situation, ouvrant des droits notamment en cas de démission pour fuir son conjoint. Enfin, si le besoin d'un accompagnement se fait sentir, les gendarmes peuvent diriger les femmes vers un travailleur social près de chez elles ou une antenne Retravailler. Car reprendre une activité ou devoir changer d'emploi pour fuir ne va pas de soi, surtout quand se greffent les problèmes de logement ou de garde d'enfants. Retravailler est donc là pour les épauler dans leur recherche voire chercher pour elles. Si le niveau de qualification est très bas, le service emploi va solliciter son réseau d'entreprises partenaires. Une vingtaine de femmes sont actuellement suivies par les référents.

 

**Cette action est co-financée par le Fonds Social Européen, dans le cadre de l'OBJECTIF 3 géré par la DRTEFP de Basse Normandie

 

Audrey Savournin 10/09/2007
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