
Quels sont les secteurs d'activité les plus porteurs en terme d'emplois ?
A notre sens, les secteurs les plus porteurs dans les années à venir sont le "green business" (énergies nouvelles, technologies vertes, recyclage…), le web et le e-commerce (avec un nouveau record atteint en 2008 avec 29 % de croissance), le secteur des services aux entreprises ou à la personne mais aussi la formation et l'entrepreneuriat solidaire.
Ces secteurs mêlent deux caractéristiques : la première, valable pour n'importe quelle entreprise, est celle qui mêle à la fois des valeurs économiques et technologiques (conquête de nouveaux marchés, fidélisation des clients, innovation/R&D…) tandis que la seconde est celle des valeurs sociétales (respect de l’environnement, insertion par l’emploi, pratiques éthiques…) qui remet l'Homme au coeur des préoccupations. Ces entreprises devraient plus facilement réconcilier les concitoyens avec le monde de l'entreprise.
Quelle place pour les femmes dans ces secteurs d'avenir ?
Il y a encore du pain sur la planche. Si les femmes, par empathie, hérédité ou affinité d'esprit ont déjà bien investi certaines filières ou secteurs, tels que les métiers "littéraires", les services à la personne, l'éducation, la santé ou l'action sociale et à une moindre échelle le commerce, dans d'autres secteurs, leur présence reste très lacunaire. Les filières technologiques et scientifiques ne sont pas suffisamment choisies par les étudiantes (seulement 26% des élèves en école d’ingénieurs et 27% des étudiants en sciences fondamentales à l’université tandis qu’elles représentent 75 % des étudiants en langues).Ce problème relève à la fois d'une question de culture, d'éducation et de politique publique. Pourtant ces filières constituent une vraie porte d'ouverture pour les femmes. Cette situation implique qu'il y a moins de femmes chercheuses ou créatrices d'entreprises dans les technologies.
Au sein de Croissance Plus, il y a encore quelques années, les femmes étaient sous-représentées (2 femmes seulement en 2003), mais convaincus de l'importance d'un réseau mixte, nous sommes en train de rattraper notre retard. Aujourd'hui, sur nos 370 membres, 45 sont des femmes et tous les trimestres, nous organisons un déjeuner entre elles. Mais il faut les convaincre de participer car elles ont moins de goût que les hommes pour la chose publique.
Quelles pistes ont été explorées lors de votre campus en mars dernier à Avoriaz ?
L'objectif de ce campus était d'examiner les conditions préalables à une nouvelle croissance et les versants inexplorés du rebond que tout le monde espère. Comme faire pour ouvrir les portes de la "re-croissance" ? Nos thèmes de réflexion ont principalement tourné autour de l'innovation, des nouvelles logiques de financement, de l'ouverture à l'international et du business éthique et durable.
Parmi les propositions que nous sommes en train de finaliser, on peut citer la mise en place d'incitations fiscales pour les personnes qui touchent des bonus et qui investiraient dans des PME en croissance, la création d'un Volontariat Recherche en Entreprise à l'image du Volontariat International en Entreprise (VIE), la mise en place d'un guichet unique à l'exportation afin de rassembler tous les acteurs déjà existants ou encore la valorisation du micro-crédit à visage humain.
La volonté de Croissance Plus est de soutenir la création d’entreprises et d’emplois, tout en favorisant la participation des salariés aux fruits de la croissance.
*Croissance Plus est une association professionnelle d’entrepreneurs qui fédère les dirigeants d’entreprises en forte croissance et leurs partenaires.
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