
Invitée du réseau « HEC au féminin », Sylviane Giampino, psychalalyste et psychologue de la petite enfance a donné quelques clés aux femmes en responsabilité et en demande de repères pour vivre pleinement leur travail et leur rôle de mère. Extraits.
Oser parler le mal-être ...
S.G. : Vous êtes au prises par une culpabilité rattachée à l'illusion du choix. Souvent en couple avec un conjoint correctement rémunéré, on estime que vous ne devez pas avoir de problèmes pour vous organiser, ou même vous arrêter de travailler. Vous pouvez ressentir un sentiment de « dette » vis à vis de la société et de votre famille, vous qui avez eu la chance de faire des études, vous sur qui l'on a « investi ». Alors, à ne pas vous écouter, les doses que l'on porte en soi s'accumulent : passages difficiles, surbooking, stress.
Je vais mal, je m'organise
S.G. : Il n'existe pas de recette d'organisation, sauf dans les magazines de gare. L'équilibre entre travail et enfants n'est pas un problème des mères mais celui de la famille, de la société, des entreprises. Le congé parental pour le 2è enfant en 1995 a eu des conséquences catastrophiques pour les femmes dans leur éloignement du monde du travail. Aujourd'hui, elles ont légitimement le droit de revendiquer le partage des tâches domestiques et familiales avec les pères, l'égalité professionnelle. Du partage de désir d'enfant, les femmes attendent le partage de la réalité d'enfant, qui n'est pas au rendez-vous. »
Stop, j'arrête tout !
S.G. : Alors, pour certaines, la tentation du repli, du retour au foyer est réelle. Mais attention à cette « tendance » qui s'inscrit dans un retour plus général vers à la nature, entre bio et naturalisation : les femmes seraient .., les hommes seraient .... Un consei l: se répéter en boucle les statistiques, notamment le taux d'appauvrissement des femmes en cas de divorce, et ne pas oublier que si s'arrêter de travailler est votre décision, reprendre est celle des autres. Si le modèle de la « superwoman » a vécu, il ne faut pas pour autant revenir à un ordre social que certains nous présentent comme la seule façon de retrouver des repères.
Comment se rendre disponible ?
S.G. : L'essentiel est la qualité du temps que l'on passe avec les enfants. Il ne suffit pas d'être en permanence avec eux ni penser qu'un bon parent est celui qui est bien, en forme. Le plus important est d'anticiper des emplois du temps chargés, car l'enfant doit pouvoir opérer des réglages dans son quotidien. Surtout, il ne doit pas considérer le travail comme une persécution pour ses parents. Les enfants nous sont précieux aussi car ils sont des ralentisseurs humanisants. Ils nous disent : « ralenti, regarde, écoute »....
Et Sylviane Giampiano, qui est intervenue lors qu'un grand colloque « Dolto » en décembre à l'Unesco, point d'orgue de l'année de commémoration du centenaire de la célèbre psychanalyste, de rappeler toute la symbolique que revêt l'expression « élever un enfant ».
Vous avez une question en lien avec cet article ?
Notre sélection de contacts dans votre région !
