En partenariat avec Le Lab’Ho, l’Observatoire des hommes et des organisations du groupe Adecco

Alors comment vas-tu ? Comme un lundi... Bof. Comme un vendredi : chic ! Quand on interroge les unes et les uns sur leur vie au travail, il n'est pas rare de déclencher un concert de lamentations/récriminations/révolte/déception... Nous avions été très surprises, en tous les cas au Lab'Ho, lors des travaux que nous avions conduits sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes en 2004/2006 de constater à quel point, aujourd'hui, il n'y a pas que les femmes qui ont des « états d'âme ». Les hommes, aussi, avaient été nombreux à nous faire part des tiraillements qu'ils éprouvent bien souvent entre leur vie au travail et toutes les autres facettes de leur vie... autres facettes qu'ils aimeraient pouvoir développer davantage. Pour tenter de comprendre ce qui se passait (quoi, les hommes, ces fidèles serviteurs des entreprises se prendraient eux aussi à rêver à d'autres horizons ?) nous avions monté un programme d'étude centré sur cette « tentation du retrait » qui semblait monter dans les entreprises (les grosses surtout). S'engager ? Donner beaucoup ? Pourquoi ? Et surtout avec quel espoir d'être un jour payé en retour de tout cet investissement ? Là où hier la promesse de carrière faite par les entreprises à leurs collaborateurs se situait sur du long terme, là où hier cette promesse était claire et généralement tenue, on est passé à quelque chose de bien plus flou, incertain et de moins en moins crédible tant les revirements " stratégiques " de ces organisations sont devenus récurrents, leurs changements de périmètres monnaie courante, le pouvoir des actionnaires en leur sein désormais important. Mais tandis que les organisations changeaient, les femmes et les hommes de leurs côtés aussi se transformaient. Aujourd'hui ces individus contemporains, par delà toutes leurs histoires particulières, partagent une caractéristique forte : ils sont sommés de s'inventer, trouver qui ils sont. Bien moins qu'hier, en effet, leur identité leur est donnée, non à la naissance par l'appartenance à un groupe (famille, ...). Tout au long de leur vie, les hommes et les femmes se retrouvent engagés dans un travail de construction identitaire plus ou moins laborieux. Dans ce travail, la vie professionnelle occupe toujours une part très importante (« le travail fait l'homme », comme nous disent les philosophes), mais il ne peut plus occuper la seule place étant donné, notamment, ce que sont devenues les grandes entreprises. C'est alors bien pour se construire une identité dont ils n'ont pas à rougir, pour réussir leur vie, que de plus en plus d'hommes et de femmes sont tentés par de nouveaux « calculs ». Leur idéal : avoir plusieurs vies dans une vie ; une vie et une identité professionnelle toujours fortes bien sûr, mais aussi une identité dans leur famille, auprès de leurs amis, dans la société ... C'est cela, entre autre, qui se cache derrière bien des envies de changer de vie.
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