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Le congé paternité plébiscité

Congé paternité

Depuis le 1er janvier 2002, les pères ont droit, lors de la naissance d'un enfant, à un congé indemnisé de 11 jours (ou 18 jours s'il s'agit d'une naissance multiple) qui viennent s'ajouter aux trois jours accordés par le Code du Travail.

 

Un congé pour tous les pères

Ce congé vaut pour les actifs occupés ou chômeurs, salariés ou indépendants. Il doit être pris dans les 4 mois suivant la naissance ou l'adoption de l'enfant ; il est non fractionnable mais il est possible de n'en prendre qu'une partie. L'employeur du père doit être informé un mois avant la date choisie. Le montant de l'indemnisation est égal à 80% du salaire brut diminué des cotisations sociales et dans la limite de 1/60 du plafond de la sécurité sociale. Pour les salariés qui dépassent ce plafond, l'employeur n'est pas obligé de compléter. Le maintien du salaire est cependant assuré pour les fonctionnaires. La France n'est pas le seul pays européen qui accorde des congés paternités et dans tous les cas, les congés légaux de paternité sont rémunérés. Comme en France, le congé de paternité est également de deux semaines environ, en Belgique, au Danemark, en Suède et au Royaume-Uni. Il est supérieur à trois semaines en Finlande et Norvège. Il n'en existe pas en Autriche, Allemagne et Irlande.

 

Un véritable succès

En France, ce congé a rencontré depuis son application un véritable succès. Près de deux tiers des pères ont eu recours au congé paternité en 2003 et 2004* selon une enquête de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère des Affaires sociales. 25% des pères prennent ce congé dans les 5 jours qui suivent la naissance et les 2/3 dans le premier mois. Plébiscité par les jeunes pères, il correspond, sans doute, aux aspirations des nouvelles générations. En effet, 71% des pères âgées entre 25 et 34 ans y ont eu recours. Toutefois, si les pères plus âgés le demandent moins, la principale raison invoquée est la perte de salaire que le congé peut engendrer. Le niveau des revenus d'activité du père, mais également son degré d'investissement dans la sphère professionnelle, sont ainsi déterminants. Ceci explique, en partie, pourquoi les artisans, commerçants ou chefs d'entreprise et agriculteurs exploitants l'utilisent bien moins que les salariés du privé. Mais dans 90% des cas, les pères n'ont pas eu l'impression que leur employeur réagissait mal et ce congé a été le plus souvent perçu comme un droit. En outre, en général, ces jours ont été complétés par des congés annuels ou des RTT. Le recours au congé de paternité, qui demeure principalement une décision de couple, correspond surtout à un modèle de couple bi-actif et basé sur un souci d'égalité entre l'homme et la femme. Dans 70% des cas, les pères qui prennent le congé sont des compagnons de femmes actives. 58% d'entre eux considèrent que la présence du père ou de la mère a une importance identique pour le bébé. 70% des pères affirment prendre ce congé pour passer du temps avec le bébé et la maman, 29% pour s'occuper des autres enfants. D'ailleurs, le taux de prise de congé décroît avec le nombre d'enfants dans le ménage.

* Il n'existe malheureusement pas de données plus récentes.

Sandrine Dauphin, le 10/05/07
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