
Intéresser les femmes à de nouveaux métiers, c'est le pari de « 100 femmes, 100 métiers » dont la 6è édition vient de démarrer. Quelles évolutions voyez-vous se dessiner ?
Favoriser l’accès des femmes à tous les métiers, promouvoir la mixité, restent une nécessité car même si l’on observe des évolutions positives, les chiffres sont têtus ! Les femmes sont, il est vrai, un peu plus nombreuses à occuper des métiers, des professions qui leur étaient hier encore fermés. A titre d’exemple, dans les secteurs du bâtiment les femmes commencent à investir le gros œuvre et dans le second œuvre, elles sont présentes sur bien d’autres métiers que la peinture, le mouvement s’amplifie. Au-delà des chiffres, qui restent encore modestes, c’est le changement du regard posé sur ces femmes qui a évolué. Il existe indiscutablement une plus grande tolérance sociale, une meilleure acceptation voire un encouragement à s’orienter vers des parcours professionnels encore atypiques, traduisant une évolution positive des mentalités. D’autres difficultés se font jour et nécessitent de notre part la mise en œuvre d’un accompagnement sur l’ensemble du parcours professionnel des femmes. De l’amont au moment des choix d’orientation, de la formation et en aval dans l’accès et le maintien dans l’emploi. Des femmes formées sont présentes dans les fichiers de l’ANPE et l’accès au premier emploi reste plus difficile sans compter les départs des entreprises faute d’un accueil positif du collectif de travail.
La crise économique touche des secteurs qui s'ouvraient aux femmes, comme les transports. D'autres prennent-ils la relève en Bretagne ?
On observe en Bretagne, comme ailleurs, des difficultés dans le bâtiment, les travaux publics, l’industrie automobile pour ne parler que de ceux là. Ces secteurs avaient engagés des plans d’actions volontaristes pour intégrer des femmes, je pense aux Travaux publics qui ont lancé un plan de communication et de mobilisation ambitieux en direction des professionnels. Il nous faudra être attentifs à ce que les femmes ne se trouvent pas davantage pénalisées d’autant que le non renouvellement des CDD, quelques soient les secteurs professionnels, les touchera davantage. Les femmes sont davantage confrontées aux contrats précaires. C’est donc la mobilisation du service public de l’emploi, qui a fait en Bretagne de l’égalité professionnelle une priorité, celle des partenaires sociaux mais aussi des branches professionnelles, l’ensemble des partenaires de l’orientation, de la formation, de l’entreprise, tous engagés sur « 100 femmes,100 métiers », qui sera plus que jamais nécessaire !
Quels conseils donneriez-vous aux femmes à la recherche d'un emploi ?
De profiter de toutes les initiatives conduites du 5 au 15 novembre sur notre territoire pour rencontrer les professionnels en charge de leur proposer un accompagnement et un suivi tout au long de l’année.
Vous avez une question en lien avec cet article ?
Notre sélection de contacts dans votre région !
