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Rallye, saut à l'élastique, parachute, Florence Lancial est plutôt du genre téméraire. "On n'a qu'une vie, sourit-elle, je fais des choses que je n'aurais jamais faites avant ". En fauteuil depuis l'âge de 21 ans suite à un accident de la foudre en 2001, cette sportive de nature n'a rien perdu de son dynamisme, bien au contraire. Agent administratif au Club handisport aixois (CHA), elle est aussi professeur de danse et nageuse de haut niveau. Le handicap fait partie de sa vie, de son être et elle l'accepte. " Je ne me suis jamais apitoyée sur mon sort, je n'ai jamais été plus perturbée que ça, raconte-t-elle, certainement grâce à mon amour pour la danse. Tout ce qui me préoccupait en sortant de l'hôpital, c'était de trouver un moyen de l'enseigner malgré tout ".
Si cette prof de fitness ne peut plus passer son Brevet d'Etat d'éducatrice, elle obtient celui handisport et suit une formation handidanse à Nice. Employée au CHA, elle y impulse la création d'une section danse... et se découvre une autre passion, ou plutôt un nouveau don : la natation.
De la salle de danse à la piscine
" Mon groupe d'élèves n'était pas encore formé, j'avais besoin de me défouler, l'entraîneur m'a proposé de venir nager " dit-elle tout naturellement. Ça se passe tellement bien qu'elle continue à faire des longueurs une fois ses élèves inscrits et mène depuis une " double vie ". Dans celle où elle enseigne, elle réconcilie ses " enfants " avec leur corps, leur transmet le plaisir de danser, qu'ils soient en fauteuil ou handicapés mentaux. "Il faut beaucoup de persévérance, de patience, reconnaît-elle, mais il y a toujours une récompense, une victoire à trouver : réussir à faire hausser les épaules, faire un tour sur soi-même, avancer seul... " Autant de gestes qui pour elle valent autant sinon plus qu'une médaille, même si elle a été proposée pour celle du mérite et même si elle a remporté celle d'argent aux derniers championnats du monde, un résultat de bon augure.
Elle poursuit les stages et les entraînements, huit fois par semaine, tout en continuant à enseigner la danse à des enfants handicapés et à des valides à l'association Palette outre-mer. Avec ces derniers, la victoire est différente mais tout aussi sobre : " On sort du mimétisme puisque je ne peux pas montrer les pas, je leur explique tout par la voix, les mains, à elles d'interpréter et de trouver le mouvement, ça crée une vraie complicité ".
Reste pour Florence Lancial à voir l'handidanse se développer et s'ouvrir aux déficients visuels et auditifs. Autant d'autres victoires à décrocher, dans une vie comme dans l'autre.
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