« L'industrie a encore une très mauvaise image. On pense que c'est un secteur sinistré alors que pas du tout » témoigne Laurence Bichon formatrice à l'AFPA de St Herblain près de Nantes. Depuis 2006, elle aide les femmes qui veulent se reconvertir dans ce secteur grâce à « Femmes dans les métiers de l'industrie », une action qui permet à celles qui le désirent de découvrir les métiers de la branche industrielle pour pouvoir élaborer un vrai projet professionnel.
Découvrir les métiers de l'industrie
Des sessions d'information sont organisées chaque mois suivies, pour celles qui le désirent, de 8 semaines de découverte incluant des stages d'observation en entreprise. Et enfin 5 semaines de recherche d'emplois ou de formation. « Il faut être motivée pour y participer, c'est le premier critère. Mais bien souvent, celles qui viennent ne sont pas là par hasard », tient à préciser Laurence. Nicole Marchal, psychologue à l'AFPA s'entretient régulièrement avec les stagiaires : « Toutes savent parfaitement que ce sont des métiers durs et exigeants. Soit elles ont une culture familiale industrielle. Soit elles en ont marre d'être de simples OS et veulent se spécialiser.» Et de la chaudronnerie au tournage fraisage, les emplois ne manquent pas dans la région. Car c'est là une des particularités du bassin de l'emploi nantais : les industries aéronautique et navale recrutent mais manque de postulant, et à fortiori de postulantes. C'est pourquoi l'AFPA n'est pas le seul organisme à s'être penché sur le problème.
De nombreux métiers méconnus
L'éducation nationale et l'union des industries de la métallurgie (UIMM) se sont ainsi associées pour signer une convention en Pays de Loire : « Industrielles ». Son but est simple : permettre aux jeunes filles de découvrir dès le collège le secteur pour les inciter à se diriger vers ces métiers dans lesquels les femmes peuvent parfaitement s'épanouir. A l'image de Marie, frêle jeune femme de 29 ans, qui suit depuis janvier dernier une formation qualifiante. En bleu de travail et derrière sa tourneuse fraiseuse, elle sourit : « Ça commence à venir, j'apprends à gérer la machine et la pièce en même temps ». Et entre le bruit et la forte odeur du métal qui chauffe, elle tient à préciser à celles qui hésiteraient encore : « Avec les hommes de l'atelier, ça se passe très bien. Et puis surtout, pas besoin de connaître la mécanique pour réussir dans l'industrie. J'en suis la preuve »
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