
« Le transport et la logistique, ce n’est pas Dédé et son marcel » note Anne-Laure Marron non sans humour. Directrice de l’organisme de formation de la branche transport Promotrans, elle est mandatée par l’Unostra (Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles) avec la fédération des entreprises de transport et logistique de France et la fédération nationale des transports routiers, pour féminiser ces métiers en Haute-Normandie.
Un secteur encore peu ouvert aux femmes
Car selon une enquête menée en 2001 à l’initiative de la DRDFE (délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité) auprès des employeurs, point de départ de cette action, elles ne représentent alors que 28% des employés du secteur, 10% de ceux travaillant dans le transport routier et de marchandises et 1% de ceux travaillant dans la conduite. « Nous avons d’abord questionné les entreprises pour savoir pourquoi elles étaient si peu nombreuses, détaille Anne-Laure Marron, et nous avons découvert que les freins étaient essentiellement psychologiques, qu’employer des femmes ne posait aucun problème réel puisque la conduite était assistée et la manutention aidée ». Fin 2002, un protocole d’accord régional est donc signé entre la profession et le ministère délégué à la parité avec un engagement chiffré pour 2007 : 20% de femmes dans le transport routier et de marchandises, 4% dans la conduite. Des objectifs qui laissent encore une bonne marge de progression mais qui ont d’ores et déjà été dépassés grâce à une triple sensibilisation : des employeurs, du monde de l’éducation et des femmes.
Faire connaître ces métiers
Les syndicats adressent dans un premier temps des communiqués aux entreprises, qui manquent de main d’œuvre, pour qu’elles s’ouvrent à l’embauche de femmes. Les ANPE locales insistent beaucoup par voie d’affichage, de 2003 à 2005, sur « le transport au féminin » tandis que des campagnes d’information sont menées auprès des chefs d’établissements (collèges et lycées), CPE, personnels de l’orientation, pour leur présenter ces métiers et leur prouver, sur le terrain, qu’ils peuvent tout à fait être exercés par des femmes. Enfin, la branche et la DRDFE s’appuient en 2005 sur une campagne de communication placardée sur le mobilier urbain et dans les bus pour valoriser les compétences des femmes dans les métiers du transport mais aussi dans de nouveaux métiers de la logistique. Car si « les entreprises ne sont plus réticentes, on a toujours un problème de vocations, d’attractivité, de méconnaissance de ces métiers, reconnaît-elle. Les femmes ont souvent une vision étriquée du secteur, limitée à la conduite, alors qu’on peut aussi bien préparer des commandes, gérer un planning, être responsable d’exploitation… Tous ces métiers recrutent, à tous niveaux de formation, et les femmes y sont attendues si elles le souhaitent ».
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