
La troisième présidence portugaise du Conseil de l'Union européenne a débuté le 1er juillet 2007 pourune durée de 6 mois. Le Portugal a ainsi décidé de mettre à profit sa présidence dans le cadre de « l'année de l'égalité des chances pour tous » pour axer ses travaux sur l'égalité entre les hommes et les femmes et sur les six priorités définies dans la feuille de route de la Commission.
Une structure dédiée à l'égalité professionnelle
Depuis 1974 et le retour à la démocratie, le Portugal est devenu un pays aux avant-postes en matière d'égalité hommes-femmes, en se dotant rapidement d'un arsenal législatif considéré comme l'un des plus avancé d'Europe, aux côtés des Pays-Bas ou de la Suède. La CITE, Commission pour l'Egalité sur le lieu de Travail et dans l'Emploi, créée dès 1979, est l'organe chargé de promouvoir l'égalité professionnelle et la non-discrimination entre les femmes et les hommes. Ainsi, cette commission tripartite émet des avis préalables au Une des spécificitéslicenciement de femmes enceintes, qui ont accouché ou qui allaitent, et dans le cas où l'employeur refuse d'autoriser le temps partiel ou des horaires de travail flexibles à des travailleurs ayant des enfants de moins de 12 ans.
La CITE intervient également en matière d'égalité professionnelle à la demande de l'inspection générale du travail, des tribunaux, des ministères, des partenaires sociaux ou de toute personne intéressée. Elle est aussi le relais pour l'inspection générale du travail, qui l'informe de toutes les pratiques de discrimination dont elle a connaissance. Parallèlement, la commission réalise des campagnes de sensibilisation, des études, des recherches et édite des publications sur la législation.
En trois décennies, le Portugal est devenu un exemple : le taux d'activité des femmes est l'un des plus hauts d'Europe (68,1%, contre 57,2% pour la France), et les Portugaises représentent 59% des diplômés de l'enseignement supérieur : avec l'Italie, le Portugal est le seul pays à atteindre la parité dans les filières sciences, mathématiques et informatique.
La natalité en question
Pourtant, comme dans le reste de l'Europe, les Portugaises atteignent plus difficilement les postes à responsabilités, n'ont accès qu'à des secteurs d'emploi très féminisés (éducation, services, santé) et reçoivent des rémunérations encore inférieures de 16 % à celle des hommes. Les femmes représentent moins d'un tiers des cadres portugais, et l'on compte à peine une femme pour 10 hommes dans les conseils d'administration des 50 plus grandes entreprises du Portugal.
Une des spécificités portugaises concerne le temps partiel : contrairement aux pays d'Europe du Nord où cette forme d'emploi touche plus d'une femme active sur deux, seules 8% des Portugaises ont opté pour cette formule. Si leurs carrières ont des trajectoires relativement continues, il en résulte pourtant une forte baisse de la natalité : le taux de fécondité des Portugaises a chuté de 56% en 45 ans, pour atteindre 1.38 enfant par femme (France : 1.9) ! Une situation qui a conduit à l'organisation d'une conférence sur le thème de la « réconciliation entre la vie privée et la vie professionnelle » en juillet 2007. Une seconde conférence européenne se tiendra à Lisbonne en octobre sur « l'accès des femmes à l'emploi et l'entreprenariat. » Autant d'initiatives qui attestent de l'implication de la présidence portugaise sur la thématique de l'égalité entre les femmes et les hommes et montrent la persistance de l'engagement de l'Union européenne sur ces questions.
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