Chaque année en France, 468 000 personnes en âge de travailler connaissent une situation de handicap selon L'ADAPT. Seulement 45% d'entre elles sont actives contre 70% de la population et 20% d'entre elles sont au chômage contre moins de 9% des personnes valides. Certaines doivent faire face aux réticences des employeurs, d'autres doivent accepter de voir leur poste adapté, mais travailler malgré le handicap, c'est tout à fait possible.
C'est même parfois un moyen d'oublier la déficience. « Après mon cancer du sein, je ne voulais plus rester à la maison, raconte Martine Breuil, je voulais reprendre la vie normalement et effacer les mauvais moments ». Elle ne peut plus porter de poids et doit être prudente mais cela ne la gêne pas vraiment dans son travail. Faute de débouchés dans son premier métier, monteuse en bijoux, elle s'est tournée vers différentes missions « à l'usine ». « L'avantage de l'intérim, c'est que l'agence connaît mon handicap et ne me propose que des missions qui correspondent à mes capacités physiques », explique-t-elle. Sans compter qu'« à 48 ans, après une longue maladie, c'est difficile de trouver un emploi stable. Au départ, ça a été un frein mais maintenant ce n'est plus le cas. »
Compenser par la volonté
Les freins, Alexandra Israël-Morell, ne veut pas savoir ce que c'est. Elle souffre d'une double déficience visuelle et auditive du fait d'une maladie orpheline congénitale, ce qui provoque une grosse fatigabilité visuelle la limitant à trois jours de travail par semaine et un certain isolement lors de discussions en groupe. Mais elle compense « par la volonté », dit-elle sans hésiter. « Je suis née avec mon handicap, c'est plus facile que quand il survient plus tard dans la vie, raconte cette jeune maman de 36 ans. Je me suis toujours adaptée au quotidien pour ne pas rester au bord de la route. »
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