
« Nous nous sommes rendus compte que l’âge est le premier critère de discrimination. » Marc Bernardin, directeur d’un cabinet de recrutement et membre de l’association « A compétence égale »*, créée en 2006, dresse un constat clair : « la femme senior subit une discrimination encore plus importante à partir de 45 ans. Elle vit d’ailleurs une double discrimination liée à la féminisation des tâches, même si elle a une plus grande flexibilité que l’homme et qu’elle est plus ouverte en terme d’orientation professionnelle. »
Une double discrimination
Selon ce spécialiste des discriminations liées à l’âge, la femme senior va utiliser les mauvais arguments lors de son entretien d’embauche, en « manifestant sa culpabilité d’être senior et en évoquant très vite sa disponibilité. Il ne faut jamais anticiper les questions en parlant de ses enfants dont on n’a plus la charge. En faisant cela, la candidate amène le recruteur à ne pas se centrer sur ses compétences. Il ne faut pas commencer en disant ‘’bonjour, je suis Sophie et j’ai 53 ans’’ mais tout de suite évoquer sa motivation et ses années d’expérience, se projeter dans le futur poste, etc. » Marc Bernardin conseille également de ne pas indiquer l’âge ni la situation maritale sur le CV. « Le nom, l’adresse et l’e-mail suffisent. Il faut mettre en avant ce que l’on veut faire et ce que l’on sait faire. » Et même si le recruteur n’est pas autorisé à demander l’âge, Marc Bernardin pense qu’il est toujours « compliqué de ne pas répondre à une question illicite mais qu’il faut avant tout rappeler ses compétences ‘’j’ai 53 ans mais je ne vois pas en quoi cela peut gêner’’. Cette posture est alors intelligente, la candidate montre qu’elle est gentille mais pas idiote ».
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