
Courtisées par les cosmétiques, les femmes de plus de 45 ans n'ont pas l'air aussi recherchées sur le marché de l'emploi....Qu'en est-il réellement ?
Ce qui est clair, c'est que du point de vue professionnel, c'est après 45 ans que les problèmes commencent et que plus on franchit cette “limite” et plus ils sont complexes. Pour autant, il faut distinguer des situations différentes. On observe par exemple que lorsqu'elles sont demandeuses emploi, les femmes retrouvent plus facilement un emploi que les hommes séniors. Sauf que cet emploi est le plus souvent “déclassé” par rapport à celui qu'elles occupaient auparavant, précaire, et la plupart du temps dans un secteur « bastion » du travail des femmes, comme le soin ou le ménage. La grande majorité de ces femmes sont dans une logique de survie. Du côté des salariées, une enquête menée par Retravailler montre que les femmes séniors qui réalisent un bilan de compétences après 50 ans le font la plupart du temps pour deux raisons : soit parce qu'elles ressentent un stress trop grand et une non reconnaissance de leurs compétences, soit parce qu'elles sentent leur emploi menacé. Souvent le bilan incite à demander un changement de poste au sein de l'entreprise car il est vrai qu'aujourd'hui après 50 ans la promotion de carrière se fait plus rare...
Mais le discours ambiant incite-t-il vraiment les femmes séniors à croire dans leurs capacités ?
Je suggère souvent aux femmes de retourner en leur faveur l'éternel stéréotype de la femme indisponible. Toute leur vie, les femmes courent pour concilier travail et famille. Passé 50 ans, elles sont nombreuses à être très disponibles, surtout si elles n'ont pas la charge d'ascendants. D'ailleurs, un grand nombre de femmes souhaitent continuer à travailler le plus longtemps possible car elles apprécient le lien social que leur procure leur emploi. De plus, on remarque que les femmes mûres peuvent souvent jouer un rôle très positif au sein d'équipes transgénérationnelles. Enfin, dans de nombreuses entreprises de services, l'atout que représente des salariés séniors en phase avec l'âge et les goûts de la clientèle n'est pas à négliger. Je conseille donc de ne pas hésiter à mettre en avant ses compétences pour l'entreprise et d'oser affirmer : “ d'accord je coûte cher, mais je peux vous rapporter plus !”
Comment alors anticiper au mieux ce virage de 2è partie de carrière ?
La meilleure façon est de ne pas attendre 45 ou 50 ans. Contrairement aux pays anglo-saxons, nous n'avons pas en France cette approche de la gestion de carrière; c'est pourtant après toute étape significative que chacune, et chacun, devrait pouvoir faire valider ses acquis et se poser les bonnes questions sur son parcours professionnel. On remarque que la dernière partie de carrière est d'autant mieux réussie, que la première a été réfléchie et construite. Les mentalités sont de ce point de vue en train de bouger et l'on observe une montée en puissance des demandes de formation, en particulier du côté des femmes. Au regard de l'allongement du nombre d'années de travail, investir à 50 ans temps sur un bilan de compétences ou sur une VAE (validation des acquis de l'expérience) peut s'avérer tout à fait rentable.
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