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Conseillère municipale : un engagement plein d'atouts

Marianne

Il est de bon ton de critiquer la parité politique qui ne serait pas respectée par les partis. Etre élue relèverait du véritable parcours de la combattante pour les femmes face à la misogynie du milieu et à leur absence dans les principaux réseaux d’influence. En outre, il est bien connu que les femmes ont moins le goût du pouvoir que les hommes... Autant d’arguments très largement contestables, d’autant plus lorsqu’on s’intéresse aux élections municipales.

Osez vous engager !

Si l’obligation de parité s'applique aux élections municipales dans les communes de plus de 3 500 habitants où les listes doivent comporter une alternance stricte des candidatures de chaque sexe, elle s'est aussi diffusée aux communes plus petites où la parité est désormais un « critère de modernité ». Par ailleurs, nul besoin d’être adhérente ou de militer dans un parti politique pour être candidate. En 2001 elles étaient nombreuses à être issues du monde associatif, principalement celui lié à l’enfance (parents d’élèves, crèches associatives, etc.). On est généralement « démarché » par la tête de liste. Aussi « il faut se faire repérer » comme l'indique Aurélia, jeune conseillère municipale dans une commune de la région parisienne. Pour celles qui hésitent, il existe des formations payantes dispensées par l’Union féminine civique et sociale sur cinq jours dans toute la France (et ouvertes aux hommes) comprenant une partie théorique, des témoignages d’élues et une partie développement personnel. Comprendre le fonctionnement d’une commune, prendre la parole en public, pouvoir poser toutes les questions en liberté, autant de clés pour trouver l’assurance qui fait trop souvent défaut aux femmes. L’objectif est bien de «développer sa performance individuelle » selon Armelle Danet, l’une des responsables des formations en Ile-de-France.

Une expérience enrichissante

Actuellement on compte 33% de femmes parmi les conseillers municipaux dont 47,5% dans les communes de plus de 3 500 habitants. Mais le pouvoir exécutif leur échappe : 11,8% seulement de femmes maires dans les communes de moins de 3 500 habitants et 6,7% dans celles de plus de 3 500 habitants. Elues conseillères, elles se retrouvent majoritairement dans les commissions « sociales ». Or, il ne faut pas hésiter à réclamer la commission qui nous intéresse comme en témoigne Aurélia : « au départ on a voulu me donner la jeunesse. Je trouve cela caricatural. J’ai finalement obtenu d’être déléguée aux nouvelles technologies et à la communication ». Quant à Justine, qui se présente pour la première fois dans une petite commune de moins de 3 500 habitants, elle négocie déjà son rôle après les élections « pour obtenir les travaux et la voirie que l’on m’a présenté comme étant pour les hommes ». C'est en effet savoir à la tête d'une délégation ou comme adjoint au maire que le travail est le plus intéressant. L’expérience de ce mandat local est d’autant plus profitable qu’« il y a eu transfert d’acquis d’une sphère à l’autre, entre mon activité professionnelle et mon travail à la délégation » comme en témoigne Aurélia. De même pour Justine, secrétaire dans une administration publique, qui envisage ce futur mandat comme « un moyen de [s’]épanouir en prenant des responsabilités pour la collectivité et qu'[elle]espère pouvoir revendre au travail ».

Faire évoluer les mentalités

S’engager demande assurément de la disponibilité, et il est vrai que la plupart des femmes élues n’ont pas d’enfants, les ont déjà élevés ou sont sans profession « Il faut pouvoir également disposer d’une certaine souplesse professionnelle ; si les réunions « politiques » ont lieu le soir et le week- end, les réunions avec les agents des mairies ont lieu en journée. Mais Internet facilite bien des choses… » précise Aurélia. Il faut savoir que selon le Code général des collectivités territoriales, l’employeur est tenu d’accorder le temps nécessaire pour exercer son mandat et participer aux réunions, même si ce temps n’est pas forcément rémunéré comme un temps de travail. De plus, les postes de maires et d'adjoint(e)s sont rémunérés. Autant de raisons pour déléguer un peu des tâches familiales auxquelles on sait que les femmes consacrent deux fois plus de temps que les hommes. Car elles ont assurément un rôle à jouer dans la vie de la commune, quelle qu'en soit la taille. Pour celles qui n'ont pas franchi le pas en 2008, vous avez six ans pour vous y préparer !

Sandrine Dauphin, le 1/03/2008
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