
Directrice générale depuis 2002 de Wim Bosman France, prestataire de services logistiques, Brigitte Herbomez gère 45 salariés et pratique naturellement un management paritaire récompensé en 2005 par le « Label égalité ».
Non seulement votre entreprise fait partie des labellisés de l'an 1, mais c'est aussi la seule PME ayant obtenu ce label égalité...
Ce qui est assez embarrassant, parce que ça prouve bien qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire. Le label est totalement méconnu des PME, il faut absolument communiquer auprès d'elles, seuls les grands groupes structurés, qui travaillent sur la valorisation de leur image, demandent à l'obtenir. Les dossiers ne sont d'ailleurs pas adaptés aux PME alors que concrètement ce sont elles les plus paritaires parce qu'elles demandent des compétences plus transversales, un besoin auquel les femmes répondent mieux, car elles ont cette capacité à faire plusieurs choses en même temps. Dans les PME la parité n'est pas calculée, on y travaille sans le savoir, elle est naturelle. C'est cette parité qu'il faut promouvoir, une parité sincère, enracinée dans l'esprit de l'entreprise, pas simplement dans l'air du temps.
Vous estimez qu'elle s'est instaurée naturellement chez Wim Bosman ?
Oui, le label a reconnu un fait existant, une évolution très « soft », qui s'est faite sans brusquer. Ce qui est sectaire n'est pas bénéfique, je suis contre l'obligation d'avoir un certain pourcentage de femmes au conseil d'administration par exemple, parce qu'elles n'auront pas forcément les compétences nécessaires. La progression doit se faire naturellement, à un rythme normal. 22 de nos 45 salariés sont des femmes et je ne l'ai pas provoqué, c'est le hasard de la vie. Je consulte les CV, je reçois hommes et femmes de la même façon, je ne cherche pas à remplir un quota mais je me base sur les compétences et les disponibilités. Ensuite, à égalité de poste, égalité salariale. Ça s'est mis en place assez vite, en deux ans et demi, au gré des nouvelles candidatures et ça apporte une meilleure ambiance, une prise en compte de la femme dans sa différence, beaucoup plus de respect, un doux équilibre.
Un doux équilibre dont vous êtes l'instigatrice ?
Je draine certainement cet état d'esprit, j'exige autant des femmes que des hommes mais je ne nie pas les spécificités de chacun. Nous souhaitons par exemple la fête des mères mais aussi la fête des pères au sein de l'entreprise. Je sais par mon parcours ce qu'une femme peut donner en envie, en qualité de travail, parce que se battre plus qu'un homme pour être reconnue est naturel aussi. J'en ai conscience. C'est pour cela certainement que j'ai donné sa chance à une jeune femme qui avait dû faire des sacrifices professionnels pour élever ses 3 enfants et dont le CV n'était pas représentatif de ses compétences, alors qu'un homme ne l'aurait peut-être pas fait. J'ai également eu le cas d'une femme de 25 ans, très diplômée, mariée, qui ne trouvait pas de travail parce qu'on pensait qu'elle allait avoir un enfant. On doit pourtant accepter la maternité, c'est un des plus grands bonheurs que je souhaite à une femme, un épanouissement dont on ne peut que s'en réjouir. Mais j'ai forcément un regard féminin.
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